Le rythme d'une journée

Dimanche et la suite.....

Le rythme de la journée sera à peu près le même tous les jours :

lever avec le soleil vers 6h30/7h , s’écarter aux alentours pour aller arroser le sable après avoir « crié avant d’entrer » pour ne pas tomber sur un ou une  collègue en pleine réflexion philosophique…., puis petit dej dans la salle à manger (paravent, matelas en U autour du feu) .

Le petit dej est tres classique, baguette , beurre (faux), confiture figues et miel ; thé ou café. Mais mangé à croupetons dynamiques(assis comme un scribe pendant 2mn, puis à genoux pendant 3 mn, puis comme je peux et rebelote…)  face à nos futurs amis Touaregs, le feu de bois, les chameaux porteurs à deux pas, cela vous change ! Quel plaisir de petit déjeuner avec le soleil levant, sans un nuage ; on pense sans honte à nos amis parisiens restés sous la grisaille et on a complètement oublié la longueur des formalités à l'aéroport.

On marche pendant 3 à 4h le matin ; quelques haltes de pause ou autour d’une plante (fenouil sauvage, coloquinte,  etc..) ou d’un beau point de vue.

Le midi nous rejoignons nos cuisiniers (Ramdan et son aide Ernest-nous en reparlerons) et chameliers (Boubaker, Aliten, le jeune Raba en stage). Parfois tout est déjà prêt parfois nous attendons allongés dans une présieste tranquille ; mais un peu affamés ! En effet l'équipe Touareg et les chameaux ( des petits dromadaires en fait mais c’est plus court à écrire…) prennent des chemins plus rapides et adaptés aux chameaux ; ils arrivent donc avant nous ; le ryhtme de marche des chameaux est d’ailleurs plus rapide que le notre sur terrain plat (Et dire qu’ils ne mangent qu’assez peu d’herbe ou d’acacias et bien sûr ne boivent qu’une fois la semaine voire le mois…)

Le repas est fait de 3 plats de salades composées (cuits: pommes de terres, betteraves ou haricots verts conserves ou riz ou coquillettes, crus: carottes, tomates, poivrons, concombre,fenouil) joliment présentées, 1 ou 2 part de Vache qui Rit, un fruit (orange mmm..., golden beurk....).

Enfin le thé, ou plutôt les trois thés sucrés –pas de menthe dans le désert- dont la préparation commence dès le début du repas (multiples versements et reversements élégants et hauts pour la mousse…).

Une bonne sieste de sommeil ou de lectures ou de rêveries jusqu’à 14h à peu près.

Marche pendant 2h à 3h pour arrivée au lieu de bivouac vers 16/17h ce qui laissera le temps du thé (une seul , pas sucré) et de la toilette avant la tombée de la nuit.

Le diner se fait vers 19h , déjà quasiment dans la nuit , pas noire car la lune est là !

Soupe, ragout ou couscous (presque végétariens car les morceaux de viande sont rares ; cela tombe bien pour moi qui prend couscous légumes le plus souvent au resto…) et salade de fruit (boite évidemment) ou dattes. Puis … 3 thés ! (en fait la pénombre a permis semble t’il à certains d’écouler le premier souvent assez fortiche –crainte d’insomnie- dans le sable de la salle à manger !  c’était fait pour ne pas vexer nos Touaregs versant le thé mais ils n’étaient peut être pas dupes !

La veillée; c’était souvent des devinettes car Bachir en est friand – il tient cela de sa sœur me dit il- ou la musique : Ernest au luth et au chant, Raba, Aliten et Boubaker aux bidons, pardon aux percussions et au chant. Instants très sympas, chaleureux et nous tentions de participer car le programme était assez rituel et nous pouvions entonner les refrains: A Salouf (le pardon, chanson écrite par le beau frère de Ernest), Si Nana (2 touaregs aiment la même femme), La petite étoile (composée par Ernest, en français) puis Raba prenait le relais avec des chants touaregs rythmés mais avec des paroles difficiles à retenir pour nous.

A 9h 9h15 j’étais souvent le premier au lit.

Bon c’est vrai il fait frais la nuit en novembre ; alors drap de soie+ duvet confort 8° n’était pas suffisant ; pour éviter un réveil vers 4h j’ai rajouté caleçon , polaire ou cachemire à la place du pyj et bien sûr le bonnet enfoncé juqu’au nez pour 2 raisons : 1-couvrir les oreilles ou j’avais enfoncé des bouchons – crainte d’être réveillé par les ronflements de JM !- et 2-couvrir les yeux pour ne pas prendre des coups de …lune !

Avec cela j’ai très bien dormi pendant une semaine ; et je ne me suis jamais levé la nuit pour aller au petit coin –malgré le thé- ; ma prostate ou vessie a compris  qu’il ne serait pas bon de m’obliger à sortir du duvet, de la tente, mettre les chaussures pour ne pas se piquer les pieds avec les pics d’acacias éventuels, et marcher  avec  5°-7° au thermomètre.

JM et d’autres ont souvent dormi à la belle étoile ; j’ai préféré sortir la tête de la tente une nuit pour regarder les étoiles –dont de belles filantes- ; cela a suffit à mon bonheur. Et puis qu’ai-je perdu puisque je dormais à poings fermés…. ? Enfin tout seul dans ma tente pour deux j’étais le roi du pétrole, pouvant étaler mes petites affaires sans les retrouver pleine de sable ; un vrai nabab dans le désert !

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